Préparation physique et musculation pour les nageurs : idées reçues et erreurs à éviter

La préparation physique et la musculation font aujourd’hui partie intégrante de l’entraînement des nageurs et nageuses à très haut niveau. Malgré cela, l’importance de ce travail effectué hors de l’eau reste trop souvent sous-estimée, notamment en raison de nombreux mythes et idées reçues étant ancrés dans l’esprit de beaucoup d’entraîneurs et de nageurs.

Vous trouverez ci-dessous des idées reçues et erreurs que j’ai pu entendre et constater sur le terrain. Cette liste n’est pas exhaustive et sera probablement enrichie par la suite.

Erreur : sous-estimer l’intérêt des entraînements à sec
De nombreux entraîneurs et nageurs sous-estiment fortement l’intérêt de la préparation physique et de la musculation. Les bénéfices de ces entraînements sont pourtant nombreux et peuvent avoir un impact positif sur les performances du nageur. Le travail effectué hors de l’eau ne doit donc pas être considéré comme moins important que celui réalisé dans l’eau, c’est un travail différent et complémentaire.

Le rôle de la préparation physique et de la musculation pour les nageurs ne doit pas être sous-estimé, les entraînements à sec permettent entre autre le développement des capacités physiques, de réaliser un travail important de gainage, ou encore d’agir au niveau de la prévention de blessures (en réduisant notamment certains déséquilibres musculaires engendrés par la natation).

Idée reçue : la musculation va me rendre plus lourd et plus lent dans l’eau
Faire de la musculation pour gagner du muscle est une chose, faire de la musculation pour nager plus vite en est une autre. Il existe énormément de techniques et de méthodes d’entraînement en musculation, toutes n’ont pas pour objectif de développer la masse musculaire. Si vos séances de musculation sont adaptées à votre objectif, il n’y a aucune raison que votre masse musculaire se développe au point de devenir un handicap dans l’eau.
Si la musculation rendait réellement plus lent dans l’eau, il faudrait quand même se demander pourquoi les meilleurs nageurs et nageuses passent plusieurs heures par semaine en salle de musculation.

Natalie Coughlin, 32 ans, nageuse américaine multiple médaillée olympique, effectuant du soulevé de terre avec barre hexagonale.

Erreur : axer ses entraînements à sec sur la reproduction du geste sportif
Il est assez courant de voir des nageurs passer beaucoup de temps à faire des exercices qui se rapprochent des mouvements effectués dans l’eau, notamment grâce à des poulies ou des bandes élastiques.
Effectuer ces mouvements revient à augmenter encore un peu plus la répétition de gestes étant déjà effectués un nombre incalculable de fois dans l’eau. Sachant que c’est justement cette répétition dans l’eau qui engendre souvent des déséquilibres musculaires et parfois des blessures, on peut se poser des questions quant à l’utilité de vouloir à tout prix reproduire la même chose hors de l’eau.
Autre point important à souligner, il existe avec ces exercices un risque de perturber le schéma moteur, et donc la technique du nageur. Il faut donc être particulièrement attentif à la façon dont ils sont pratiqués.

Si ce type de travail peut présenter un intérêt dans certains cas, il n’est pas forcément indispensable, et il est surtout important qu’il soit incorporé dans les entraînements à sec de façon intelligente et réfléchie, sous peine d’apporter plus de négatif que de positif.

Idée reçue : les entraînements à sec sont réservés aux sprinters
Le développement des qualités physiques peut avoir un impact positif sur les performances dans l’eau, et cela ne concerne pas uniquement les sprinters, il est donc faux et surtout dommage de penser que la salle de musculation n’a d’intérêts que pour eux.
De plus, qu’il soit sprinteur ou non, cela n’enlève rien au fait que le nageur passe de toute façon chaque semaine des heures à répéter les mêmes gestes dans l’eau. Il y a donc également un intérêt à effectuer hors de l’eau des exercices de musculation et de prévention pour lutter contre les déséquilibres musculaires (et donc réduire le risque de blessures).

Erreur : sous-estimer l’intérêt d’un préparateur physique
Cette erreur est d’après moi en lien direct avec la première dont j’ai parlé au début de l’article. Les entraînements réalisés hors de l’eau étant encore très souvent considérés comme secondaires, accessoires voire inutiles, de nombreux entraîneurs et nageurs ne voient pas l’intérêt de faire appel à une personne pour gérer uniquement les entraînements à sec.

Une préparation physique bien gérée et des entraînements de musculation bien menés sont clairement un plus pour le nageur, mais dans le cas contraire cela peut avoir des conséquences négatives : perte de temps, régression, blessures, création de déséquilibres musculaires, etc.
La préparation physique ne s’improvise pas, il est donc important de ne pas confier la gestion de vos entraînements à sec à n’importe qui.

Strength for swimmers

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